Aérodrome de Plomeur : une histoire 'oubliée'
Patrimoine et histoire sont imbriqués, l’un dévoilant l’autre. Des générations de chercheurs se penchent sur le bâti pour expliquer le vécu d’une époque. Mais il peut arriver que certaines tranches historiques, assez proches dans le temps, tombent dans l’oubli.
Marie-Louise Souron, 92 ans, réveille un souvenir d’enfance et éclaire un épisode situé autour de 1917, dont elle est un des rares témoins oculaires en vie : la présence d’un aérodrome sur la commune de Plomeur.
Marie-Louise Gloaguen, épouse Souron, n’a que 5 ans en 1917. Elle habite avec sa famille dans une ferme isolée du quartier de Kérousé. Marie-Louise Gloaguen, épouse Souron, née le 9 mai 1912, une des dernières mémoires de Plomeur.
La seule distraction des enfants de la famille était de regarder passer des avions qui décollaient de leur base établie sur le lieu-dit Ménez-Kiniez. En fait, tout le côté droit de la route actuelle de La Torche était réquisitionné pour l’implantation de l’aérodrome militaire.
Plomeur, ville de garnison
Marie-Louise se rappelle de la transformation de ce quartier qui s’est vite adapté à son statut de ville de garnison. Une ferme de Kérégard, lieu-dit mitoyen avec la base, s’est transformée en bistrot. Les aviateurs avaient pris l’habitude de venir faire un tour à Plomeur; des visites qui inspiraient très fortement les prêches du recteur, M. Briand, le dimanche, à la messe, destinés aux jeunes Filles de la paroisse.
Deux mariages...au moins
Les jeunes filles n’étaient autorisées, par leurs parents, à se balader près de la base que si elles étaient accompagnées. Le dimanche, nous venions avec mes soeurs nous asseoir dans l’herbe pour voir décoller les avions dont les pilotes nous faisaient de grands signes, se souvient Marie- Louise.
Malicieusement, elle glisse qu’au moins deux mariages ont été célébrés, sans compter quelques petites histoires entrées dans le domaine de la prescription.
L’histoire se répète
Raymond Crédou près du puit, dernier vestige de l'aérodrome. Les avions affectés a Plomeur avaient pour mission de surveiller le littoral.
La guerre terminée, la base a été démantelée aussi vite qu’elle avait été activée. Marie-Louise, en pension à Penmarc’h en 1919, n’a même pas su quand les aviateurs avaient quitté les lieux.
Mais ce quartier n’en avait pas fini avec les pilotes. En mars 1943, un combat aérien s’est déroulé au-dessus de Plomeur. Marie-Louise n’a pas oublié qu’un avion canadien avait été touché, obligeant son pilote à s’éjecter. Son parachute lui a permis de se poser sur l’ancienne base où il a été recueilli, ravitaillé et exfiltré par les habitants de ce même quartier.
Récit recueilli par D. Budinot et D. Souron
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